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Alain Robbe-Grillet

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Alain Robbe-Grillet(1922 , 2008 )

Des grands écrivains français de la seconde moitié du XXème siècle, Alain Robbe-Grillet a probablement figuré comme l’auteur le plus connu à l’étranger et le moins aimé à Paris. Le 18 février dernier, le chef de file autoproclamé du "Nouveau Roman" disparaissait à l’âge de 85 ans, laissant derrière lui une somme importante d’ouvrages, théoriques ou fictifs, de réalisations cinématographiques, le plus souvent de dimension très polémique.

Alain Robbe-Grillet, né le 18 août 1922 à Brest (Finistère) et décédé le 18 février 2008 à Caen (Calvados) est un romancier et cinéaste français. Considéré comme le chef de file du nouveau roman, il a été élu à l'Académie française le 25 mars 2004 sans être reçu. Son épouse est la romancière Catherine Robbe-Grillet, dont le nom de plume est Jeanne de Berg.

Biographie

Fils d'ingénieur, Alain Robbe-Grillet suit ses études au lycée Buffon, à celui de Brest, puis au lycée Saint-Louis[1]. Il entre à l'Institut national agronomique à Paris, dont il sort diplômé ingénieur agronome puis est envoyé au STO à Nuremberg. À son retour en 1945, il est chargé de mission à l'Institut national de la statistique à Paris, puis ingénieur à partir de 1949 à l'Institut des fruits et agrumes coloniaux, au Maroc, en Guinée française, à la Martinique et à la Guadeloupe (1949-51).

Il se consacre ensuite à la littérature. Son premier roman, Les Gommes, parait en 1953 aux Éditions de Minuit et Roland Barthes lui consacre un article dans Critique. Se liant d'amitié avec Jérôme Lindon, directeur des éditions de Minuit, il en devient conseiller littéraire entre 1955 et 1985[1]. On considère parfois Les Gommes comme le premier « nouveau roman », mais l'expression n'apparaît que quelques années plus tard, sous la plume d'un critique. En 1963 paraît Pour un Nouveau Roman, recueil d'articles de Robbe-Grillet publiés notamment dans L'Express. Il se fait ainsi en quelque sorte le théoricien de ce mouvement littéraire. On le qualifia souvent de « pape du nouveau roman ».

Il travaille également pour le cinéma, notamment sur le scénario de L'Année dernière à Marienbad, réalisé par Alain Resnais en 1961. Les films qu'il a réalisés oscillent ensuite entre érotisme et sado-masochisme. Il était connu pour être un adepte du sado-masochisme, comme sa femme Catherine Robbe-Grillet.

Peu à peu, ses romans se sont tournés vers l'érotisme, et vers l'« autobiographie fantasmatique », romans qui ont parfois été plus appréciés à l'étranger (notamment aux États-Unis) qu'en France, au moins du point de vue des universitaires.

Il participe également au Haut comité pour la défense et l´expansion de la langue française entre 1966 et 1968.

De 1972 à 1997, Alain Robbe-Grillet enseigne aux États-Unis, à l'université de New York (NYU) et à la Washington University de Saint-Louis (Missouri), et dirige le Centre de sociologie de la littérature à l´université de Bruxelles entre 1980 et 1988.

Élu à l'Académie française au 32e fauteuil, succédant à Maurice Rheims, le 25 mars 2004, il n'a jamais prononcé son discours de réception, refusant le port de l'habit vert et cette tradition, qu'il considérait comme dépassée, provoquant ainsi l'impatience des autres immortels[3]. Son décès ayant eu lieu avant que le problème ne trouve de solution, il n'a jamais siégé à l'Académie française.

Installé au Mesnil-au-Grain (Calvados) à partir de 1963, il y écrit la plupart de ses livres et consacre sa formation d'agronome au parc du château du XVIIe siècle. Plus tard, il travaille avec l'Institut mémoires de l'édition contemporaine ouvert en 2003 à Caen, où il dépose ses archives et dont il a fait du directeur son légataire universel. Alain Robbe-Grillet meurt à Caen dans la nuit du 17 au 18 février 2008 d'une crise cardiaque.



Alain Robbe-Grillet : Les Gommes (1953) et Le Voyeur (1955).


Alain Robbe-Grillet est arrivé en littérature quelque peu "par hasard". Ce romancier cinéaste à la formation d’ingénieur agronome a été enclin à l’originalité littéraire davantage par méconnaissance de ce qui existait déjà que par choix délibéré. Il en fait tout d’abord le constat avec le rejet par une partie influente de la critique littéraire de ses premiers romans, Les Gommes et Le Voyeur, qui seront finalement publiés respectivement en 1953 et 1955. De cette confrontation, il en ressort un ouvrage Pour un nouveau roman en 1963 où il fait l’inventaire de ses propres règles en matière d’esthétique littéraire ; des règles qui seraient plus valides selon lui pour son époque que celles qu’il venait de transgresser.

C’est l’éditeur parisien, Jérôme Lindon, qui accepte le premier, avec grand enthousiasme d’ailleurs, de publier ses romans pour les éditions de Minuit. Le Voyeur obtient, dès sa sortie en 1955, le prix des Critiques grâce au soutien des écrivains Georges Bataille, Jean Paulhan et Maurice Blanchot. En revanche, ce roman déchaîne la chronique dans Le Monde, sous la plume de l’académicien Emile Henriot. Lent, énigmatique, répétitif et déroutant, expérimental en tout cas, Le Voyeur est tout de même vendu à 10 000 exemplaires la première année de sa sortie en librairie.

Parmi ses romans, ce sont Les Gommes (1953) et Le Voyeur (1955) qui ont marqué indéniablement l’ensemble de son travail littéraire. Les Gommes est souvent présenté comme l’archétype même du roman robbe-grilletien. Ce roman mais aussi l’ensemble de ses œuvres peuvent se concevoir tel le cheminement d’un protagoniste menant sa vie selon une trajectoire circulaire, le ramenant en apparence à son point de départ. Pourtant, malgré la ressemblance des situations initiale et finale, le destin se trouve inéluctablement modifié par cette trajectoire.

Les Gommes, roman policier ou conte métaphysique, comme aime à s’y interroger Bernard Dort dans la revue Les Temps Modernes en 1953 ? Il est incontestable que l’univers ici décrit n’est plus celui d’un Chateaubriand ou d’un Lamartine. On entre dans une autre dimension : les personnages sont entourés d’un halo flottant, leur existence semble aberrante, leur raison d’être à un temps et espace donnés semble obstinément injustifiable. Dans un article publié dans L’Observateur, Roland Barthes écrit ceci : "Robbe-Grillet travaille à introduire dans le récit un mixte nouveau d’espace et de temps, ce que l’on pourrait appeler une dimension einsteinienne de l’objet. Ceci est d’autant plus important que littéralement, nous vivons encore dans une vision purement newtonienne de l’univers." C’est bien là que l’on trouve la touche artistique bien spécifique à Robbe-Grillet : il fait exploser la lisibilité du monde selon un axe linéaire ; la cohérence devient une circulaire. On en sort avec une impression de vertige, de tourbillon. Virtuosité verbale, habileté et maîtrise de l’intrigue, angoisse et froideur de l’atmosphère, volontaires glissements narratifs, font de la plume de cet écrivain un art expérimental.

Un des chefs de file du Nouveau Roman


Le nouveau roman est conçu comme une manière de faire corps contre la littérature "périmée, facile et qui plaisait au grand nombre", pour reprendre les propres termes d’Alain Robbe-Grillet. Nathalie Sarraute, quant à elle, définit dans L’ère du Soupçon (1953) ce nouveau genre littéraire de la sorte : toute psychologie des personnages et de l’intrigue est évacuée, leurs figures sont totalement dévaluées dans leur prétention à fonder le genre romanesque, l’écrivain prend un malin plaisir "à détruire le personnage et tout l’appareil désuet qui assurait sa puissance".

Tout est donc conçu pour faire exploser la cohérence, la stabilité, la lisibilité du monde représenté par le roman bourgeois de type balzacien. Contre le désir de "faire vrai", le nouveau roman est également appelé l’Ecole du regard et propose de transmettre une présence et non une signification. Cela amène Robbe-Grillet à écrire que : "Le monde n’est ni signifiant, ni absurde. Il est, tout simplement. C’est là en tout cas ce qu’il a de plus remarquable." D’où cette passion de décrire "objectivement" afin de traduire l’étrangeté d’un monde qui, regardé par l’homme, "ne lui rend pas son regard".

Ainsi autour de l’éditeur Jérôme Lindon se sont rassemblés des écrivains comme Alain Robbe-Grillet, Nathalie Sarraute mais aussi Claude Simon, Robert Pinget, Samuel Beckett et Claude Ollier. Tous avaient cette même ambition : celle d’abolir les anciennes règles d’esthétique littéraire, de faire exploser la trame des anciens romans.

A ces romanciers pourrait-on ajouter, malgré leurs quelques divergences, les écrivains Michel Butor, Jean Ricardou et Marguerite Duras. Plus précisément, c’est par la publication de Moderato que Marguerite Duras fut classée abusivement par la critique littéraire de l’époque dans la catégorie du nouveau roman. A cette époque elle laisse dire. Il faudra attendre trente ans pour qu’elle critique publiquement le nouveau roman et qu’elle se défende, ardemment d’en avoir jamais été l’un des auteurs, assurant même fièrement n’y avoir jamais rien compris. Notons cependant qu’elle venait de se brouiller entre-temps avec Robbe-Grillet. Dans tous les cas, ces écrivains précédemment cités se sont tous engagés contre le récit traditionnel et la vision du monde que ce dernier véhicule.

Les premiers "nouveaux romans" sortent dans les années 50 : Les Gommes (1953), Passage de Milan de Michel Butor (1954). Si dès 1938 Nathalie Sarraute avait publié Tropismes, ce n’est pourtant qu’une vingtaine d’années après, c’est-à-dire vers la fin des années cinquante, que les revendications du nouveau roman sont reconnues et que le groupe est consacré en tant que tel avec un numéro spécial d’Esprit sur ce courant littéraire. Au cours de la décennie suivante, identité et volonté de rupture vont se consolider. S’ensuit alors l’époque de la publication de Pour un nouveau roman d’Alain Robbe-Grillet et des Problèmes du nouveau roman (1967) de Jean Ricardou. Incontestable nouvel acteur dans l’horizon littéraire des années soixante, le nouveau roman repose sur deux pôles éditoriaux : les éditions de Minuit, sous la houlette de Jérôme Lindon, et les éditions Gallimard. Les revues spécialisées comme Tel Quel et des hebdomadaires L’Express et France-Observateur assurent également soutien et diffusion.

Une alliance inédite est par ailleurs opérée entre le nouveau roman et les thèses d’une nouvelle critique littéraire illustrée par les travaux de Roland Barthes, issue des nouvelles sciences humaines et fortement ancrée dans le discours structuraliste. Toutes deux ont le souci commun d’un décentrement du sujet, d’une dilution du sens, et l’idée forte, au regard de la génération précédente, que l’engagement de l’écrivain se fait au cœur de l’écriture, "dans la pleine conscience des problèmes actuels de son propre langage" (Alain Robbe-Grillet). Avec cette symbiose entre la création littéraire et écrits critiques, les romanciers, à l’instar d’Alain Robbe-Grillet et Nathalie Sarraute ou encore de Jean Ricardou et Michel Butor, se font les chantres d’un nouvel horizon littéraire, tantôt en position de romanciers, tantôt de théoriciens de leur propre écriture.

Des adieux sans grande pompe


Jalousé, admiré, respecté Alain Robbe-Grillet a défendu ses convictions esthétiques en attaquant. Ainsi le 18 février 2008 l’écrivain fut inhumé dans la petite ville de Caen, devant un désert de personnalités littéraires : pas un éditeur, pas un académicien, pas un membre du jury Médicis dont il fut un des fondateurs en 1958.

Selon le communiqué de l’Elysée, l’Académie française "perd aujourd’hui l’un de ses membres les plus illustres et sans nul doute le plus rebelle". C’est ainsi qu’il laissera sa trace : celle d’un écrivain décomplexé de toute convention. Même à 85 ans, son dernier livre, publié à l’automne 2007, Un Roman sentimental, fit scandale. Elu à l’Académie française au fauteuil de Maurice Rheims en 2004, il refusa de porter l’habit vert et l’épée, rechignant à faire son discours de réception et il n’y fut jamais reçu.

L’œuvre de Robbe-Grillet : une œuvre que beaucoup de critiques décrivent comme inégale et caricaturale sur la fin mais dont il ressort deux livres, Les Gommes et Le Voyeur.
>>>>> la revue de teheran



Œuvres littéraires

Romans

Un régicide (1949)
Les Gommes (1953, Prix Fénéon)
Le Voyeur (1955) reçoit le Prix des Critiques
La Jalousie (1957)
Dans le labyrinthe (1959)
La Maison de rendez-vous (1965)
Projet pour une révolution à New York (1970)
Topologie d'une cité fantôme (1976)
Souvenirs du Triangle d'Or (1978)
Djinn (1981)
La Reprise (2001)
Un roman sentimental[5] (2007)
La Forteresse, Scénario pour Michelangelo Antonioni, (2009)



Nouvelle

Instantanés (1962)

Essais

Pour un Nouveau Roman (1963)
Le Voyageur, essais et entretiens (2001)
Entretiens avec Alain Robbe-Grillet, par Benoît Peeters, DVD vidéo, Les Impressions Nouvelles, (2001)
Préface à une vie d'écrivain[6] (2005)
Fictions à caractère autobiographique [modifier]
Le Miroir qui revient (1985)
Angélique ou l'enchantement (1988)
Les Derniers Jours de Corinthe (1994)

Filmographie


1961 : L'Année dernière à Marienbad, scénario et dialogues en collaboration
1963 : L'Immortelle
1966 : Trans-Europ-Express
1968 : L'Homme qui ment
1971 : L'Eden et après
1974 : Glissements progressifs du plaisir
1974 : Le Jeu avec le feu
1983 : La Belle Captive
1995 : Un bruit qui rend fou, co-réalisé avec Dimitri de Clerq
2007 : C'est Gradiva qui vous appelle

Azadunifr

Calligramme

Calligramme

Calligramme a été créé en 1918 par le poète Guillaume Apollinaire. Ce néologisme est le croisement des termes idéogramme et calligraphie. Le premier désigne les symboles graphiques qui représentent des unités de sens, comme dans la langue chinoise. Le second est le nom de l’art de l’écriture joliment tracée.

Le calligramme est donc un texte écrit dont les lignes sont disposées en forme de dessin. Cette disposition graphique est généralement en rapport avec le thème du poème, c’est son côté "idéogramme" ! C’est Apollinaire qui créé le terme (il songeait tout d’abord à idéogramme lyrique), mais la tradition du "poème dessiné" est beaucoup plus ancienne. Elle remonte à Théocrite et aux poètes alexandrins.
Voici un exemple de calligramme de Guillaume Apollinaire datant de 1918.


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Reconnais-toi
Cette adorable personne c'est toi
Sous le grand chapeau canotier
Oeil
Nez
La bouche
Voici l'ovale de ta figure
Ton cou exquis
Voici enfin l'imparfaite image de ton buste adoré
vu comme à travers un nuage
Un peu plus bas c'est ton coeur qui bat


Guillaume Apollinaire,
calligramme,
extrait du poème du 9 février 1915,
(poèmes à Lou).

Poème d'amour




DIS-MOI "OUI", MA BELLE !

Tu ne fais rien de tes nuits
Alors que j’égare mes jours
Dans les méandres du temps qui fuit
Attendant un signe depuis toujours

Tu ne fais de tes rêves et tu dors
Quand mes pensées veillent au mirador
De mon insomnie en balade
A vouloir t’écrire une aubade

Tu ne fais rien de ta tendresse
Tes mains douces pour les caresses
A me dévouer corps et âme
Et c’est là tout mon drame

Tu ne fais rien de mon appel
Et je me languis de ton sourire
De ceux qui font vivre et mourir
Hélas ! Rien ne t’interpelle…

Et tu ne fais rien ma belle
Tu dis "oui" et tu te rebelles…

Site Je Poeme

samedi

Site Je Poeme

Site sur poeme

http://poeme.jepoeme.com/

C’est l’hiver

Et voila c’est l hiver, on entends le cri de l’orage
Qui vient de loin ,qui veut faire peur au ciel lourd de nuages
La fouettant par ses éclaires, Lui tirant les larmes en rage
Débordant la terre et effectuant un débarbouillages


Et voila comme hier, ou certain oiseaux délaissent leurs plumages
Dans des nids délabré, pour réaliser un long voyage
Et ces feuilles qui perdent leurs couleurs, devenant un peu sauvages


Et voila c’est l’hiver, ou le bateau ivre quitte son rivage
Disloque sur la mer, tel un alcoolique au bout d’un naufrage
Et Accueillent les farouches vagues, comme des gifles sur le visage

Et voila le froid de cette nuit est le même, il est semblable
A celui de ton poème et à sa chaleur misérable
Il cherche les mots entre le siffle du vent qui te semble durable


laperledunord
http://poeme.jepoeme.com/

vendredi

Citations de Francois de La Rochefoucauld


Nous avons plus de paresse dans l'esprit que dans le corps.

En vieillissant on devient plus fou et plus sage.

Ceux qui s'appliquent trop aux petites choses deviennent ordinairement incapables des grandes.

Le vrai moyen d'être trompé, c'est de se croire plus fin que les autres.

Il en est du véritable amour comme de l'apparition des esprits : tout le monde en parle mais peu de gens en ont vu.

Dans toutes les existences, on note une date ou bifurque la destinée, soit vers une catastrophe, soit vers le succès.

L'accent du pays ou l'on est né demeure dans l'esprit et dans le coeur, comme dans le langage.

Ceux qui s'appliquent trop aux petites chose deviennent ordinairement incapables des grandes.

On passe souvent de l'amour à l'ambition, mais on ne revient guère de l'ambition à l'amour.

L'orgueil ne veut pas devoir, et l'amour-propre ne veut pas payer.

L'extrême plaisir que nous prenons à parler de nous-mêmes nous doit faire craindre de n'en donner guère à ceux qui nous écoutent.

La vengeance procède toujours de la faiblesse de l'âme, qui n'est pas capable de supporter les injures.

Quand on ne trouve pas son repos en soi-même, il est inutile de le chercher ailleurs.
C'est une grande folie que de vouloir être sage tout seul.

On aime à deviner les autres, mais l'on n'aime pas à être deviné.

Il n'est jamais plus difficile de bien parler que quand on a honte de se taire.

La reconnaissance de la plupart des hommes n'est qu'une secrète envie de recevoir de plus grands bienfaits.

Pourquoi faut-il que nous ayons assez de mémoire pour retenir jusqu'aux moindres particularités de ce qui nous est arrivé et que nous n'en ayons pas assez pour nous souvenir combien de fois nous les avons contées à une même personne.

Le ridicule déshonore plus que le déshonneur.

Il est plus honteux de se défier de ses amis que d'en être trompé.

Le refus des louanges est un désir d'être loué deux fois.

Comment prétendons-nous qu'un autre garde notre secret, si nous ne pouvons le garder nous-mêmes ?

Nous ne désirerions guère de choses avec ardeur, si nous connaissions parfaitement ce que nous désirons.

Peu de gens savent être vieux.

Si on juge de l'amour par la plupart de ses effets, il ressemble plus a de la haine qu'a l'amitié.

Le remède de la jalousie est la certitude de ce qu'on craint, parce qu'elle cause la fin de la vie ou la fin de l'amour.

L'esprit est toujours la dupe du coeur.

La véritable éloquence consiste à dire tout ce qu'il faut et à ne dire que ce qu'il faut.

Les vieillards aiment à donner de bons préceptes pour se consoler de n'ête plus en état de donner de mauvais exemples.

Le désir de paraître habile empêche souvent de le devenir.

Nous aurions souvent honte de nos plus belles actions si le monde voyait tous les motifs qui les produisent.

La plupart des amis dégoûtent de l'amitié, et la plupart des dévots dégoûtent de la dévotion.

Dans les premières passions les femmes aiment l'amant, et dans les autres elles aiment l'amour.

Les amitiés renouées demandent plus de soins que celles qui n'ont jamais été rompues.
Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement.

Rien n'est plus désagréable qu'un homme se cite lui-même à tout propos.

Le bonheur tue et le chagrin laisse vivre.

On ne doit pas juger d'un homme par ses grandes qualités, mais par l'usage qu'il en sait faire.

Les vertus sont des frontières des vices.

On a divers sujets de mépriser la vie, mais on n'a jamais raison de mépriser la mort.
Le bon goût vient plus du jugement que de l'esprit.

Il y a de bons mariages, mais il n'y en a point de délicieux.

Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe à leur portée.
Il n'appartient qu'aux grands hommes d'avoir de grands défauts.

Nous pouvons paraître grands dans un emploi au-dessous de notre mérite, mais nous paraissons souvent petits dans un emploi plus grand que nous.

Il est du véritable amour comme de l'apparition des esprits : tout le monde en parle, mais peu de gens en ont vus.

Les vertus se perdent dans l'intérêt, comme les fleuves dans la mer.

Le doute est le pire de tous les maux, car il les suppose tous.

On ne doit pas juger du mérite d'un homme par ses grandes qualités, mais par l'usage qu'il sait en faire.

On n'est jamais si malheureux qu'on croit, ni si heureux qu'on avait espéré.

La violence qu'on se fait pour demeurer fidèle à ce qu'on aime ne vaut guère mieux qu'une infidélité.

Ce que les hommes ont nommé amitié n'est qu'une société, qu'un ménagement réciproque d'intérêts, et qu'un échange de bons offices ; ce n'est enfin qu'un commerce ou l'amour propre se propose toujours quelque chose à gagner.

Quelque prétexte que nous donnions à nos afflictions, ce n'est souvent que l'intérêt et la vanité qui les causent.

La parfaite valeur, c'est de faire sans témoin ce qu'on serais capable de faire devant tout le monde.

Les querelles ne dureraient pas longtemps, si le tort n'était que d'un coté.
L'enfer des femmes, c'est la vieillesse.

Si nous n'avions point d'orgueil, nous ne nous plaindrions pas de celui des autres.
Il y a des gens niais qui se connaissent et qui emploient habilement leur niaiserie.
Chacun dit du bien de son coeur et personne n'en ose dire de son esprit.

De toutes les passions violentes, celle qui sied le moins mal aux femmes, c'est l'amour.

La plupart des honnêtes femmes sont des trésors cachés, qui ne sont en sûreté que parce qu'on ne les cherche pas.

Les vieillards aiment à donner de bons conseils, pour se consoler de n'être plus en âge de donner de mauvais exemples.

Nous aimons toujours ceux qui nous admirent, et nous n'aimons pas toujours ceux que nous admirons.

Les occasions nous font connaître aux autres, et encore plus à nous-mêmes.

Les gens heureux ne se corrigent guère : il croient toujours avoir raison quand la fortun
soutient leur mauvaise conduite.

La petitesse de l'esprit fait l'opiniâtreté ; et nous ne croyons pas aisément ce qui est au-delà de ce que nous voyons.